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Baisse des marchés : faut-il se renforcer ou attendre ?

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Alban Stievenart
il y a 3 jours
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Par Alban Stievenart, gestionnaire de fortune et conseiller en investissements
Par Alban Stievenart, gestionnaire de fortune et conseiller en investissements

Lorsque les marchés financiers commencent à reculer, la même question revient rapidement : faut-il profiter de la baisse pour renforcer ses positions ou, au contraire, attendre que la situation se stabilise ? En septembre, cette interrogation prend une importance particulière. La remontée des taux, la hausse du pétrole et les inquiétudes autour de l’endettement des États entretiennent la volatilité. Pour autant, les indices résistent encore, tandis que les résultats des entreprises restent globalement solides.

 

Le contexte est certes moins confortable pour les investisseurs. La BCE a relevé ses taux directeurs de 25 points de base en septembre pour la deuxième fois cette année, dans un contexte marqué par la remontée des prix de l'énergie et le regain des tensions inflationnistes. Aux États-Unis, la Fed a également augmenté ses taux ce mercredi de 25 points de base afin de freiner l’inflation et de refroidir l’économie. Le rendement des obligations du Trésor à dix ans évolue désormais autour de 5 %, tandis que le Brent a dépassé les 107 dollars le baril en début de semaine. Ces mouvements alimentent les interrogations sur l'inflation, le coût du financement et le niveau d'endettement des États. La croissance économique reste dynamique aux Etats-Unis et résiliente en Europe.

 

Investir pendant une baisse de marché : une opportunité à examiner

 

Une baisse des marchés n'est pas forcément synonyme de dégradation durable de la valeur des entreprises. Les marchés évoluent par cycles, avec des phases de hausse, de correction et de reprise. Pour un investisseur qui dispose d'un horizon de plusieurs années, une correction peut donc aussi faire apparaître des niveaux de valorisation plus intéressants.

 

Le problème est qu'il est quasiment impossible de savoir où se situera le point bas. Attendre une nouvelle baisse de 5, 10 ou 15 % peut sembler prudent. Mais le marché peut aussi repartir avant que l'investisseur n'ait eu le temps de se repositionner.

 

Plutôt que de chercher à anticiper chaque mouvement des indices, il peut donc être plus pertinent de se demander quelle stratégie correspond réellement à son horizon de placement et à sa capacité à supporter les fluctuations.

 

Renforcer ses positions sur le marché action ou attendre ?

 

Renforcer une position après une baisse peut être envisagé lorsque les fondamentaux de l'entreprise restent solides. Chiffre d'affaires, rentabilité, trésorerie et perspectives bénéficiaires restent alors des éléments essentiels à examiner. Une baisse du cours ne signifie pas nécessairement que la valeur économique de l'entreprise a diminué dans les mêmes proportions.

 

Il faut cependant rester attentif à l'endettement. Dans un environnement de taux élevés, une entreprise fortement endettée peut voir ses charges financières augmenter et ses marges se réduire. Toutes les baisses ne constituent donc pas automatiquement des opportunités.

 

À l'inverse, attendre permet de conserver des liquidités et de garder une marge de manœuvre si la correction se poursuit. Mais cette prudence a aussi son revers : le rebond peut intervenir plus rapidement que prévu, laissant l'investisseur à l'écart.

 

Dans ce contexte, investir progressivement peut permettre de limiter le risque de vouloir absolument trouver le meilleur point d'entrée. L'objectif n'est plus de prédire le marché, mais de construire sa position dans le temps.

 

Le biais comportemental investisseur face à la baisse

 

La difficulté, dans ces périodes, n'est pas seulement financière. Elle est aussi psychologique. Lorsque les cours baissent, la tentation de vendre pour éviter une perte supplémentaire peut devenir très forte. La peur prend alors parfois le dessus sur l'analyse qui avait conduit à investir quelques semaines ou quelques mois auparavant.

 

C'est là qu'intervient le biais comportemental investisseur. Nos décisions peuvent être fortement influencées par nos émotions, alors même que notre stratégie initiale reposait sur une vision de long terme.

 

Comme le souligne Alban Stievenart qui a créé sa propre structure de conseil en investissements et de multi family-office: « L’investissement sur les marchés financiers récompense généralement les épargnants capables de conserver une vision à long terme et de ne pas se laisser guider par les émotions au gré des fluctuations de marché. »

 

Cette discipline est particulièrement importante lorsque la volatilité augmente. Vendre dans la précipitation peut transformer une moins-value temporaire en perte définitive. Mais l'inverse mérite également d'être rappelé : acheter uniquement parce qu'une action a fortement baissé n'est pas forcément pertinent si les fondamentaux de l'entreprise se sont eux aussi dégradés.

 

Une stratégie long terme face à la volatilité des marchés pour traverser les cycles

 

Face aux cycles de marché, une stratégie long terme dans une période de volatilité repose avant tout sur la cohérence. Diversifier ses investissements, privilégier des entreprises dont les bilans sont solides, investir progressivement et conserver un horizon suffisamment long sont autant de principes qui peuvent aider à traverser les périodes plus difficiles et volatiles.

 

Le contexte actuel illustre bien cette nécessité. La hausse du pétrole et des rendements obligataires exerce une pression sur les marchés, tandis que les inquiétudes concernant la dette restent présentes. Le rendement du bon du Trésor Américain à dix ans a ainsi franchi le seuil des 5 % lundi avant de reculer après la hausse de la Fed et le Brent a dépassé 107 dollars en début de semaine, ravivant les préoccupations liées à l'inflation et au coût du financement.

 

Pour autant, cette dégradation de l'environnement financier ne signifie pas que toutes les entreprises connaissent la même situation. Les bénéfices restent un élément central de l'analyse et certaines sociétés disposent de bilans suffisamment solides pour absorber un environnement de taux plus élevés. À l'inverse, les entreprises très endettées peuvent être davantage exposées à la hausse du coût de leur financement.

 

C'est pourquoi il est utile de distinguer une simple correction de marché d'une détérioration réelle des perspectives d'une entreprise. Le cours d'une action peut évoluer rapidement sous l'effet des anticipations et des émotions, alors que les résultats d'une société évoluent généralement de manière plus progressive.

 

Au fond, la question « faut-il se renforcer ou attendre ? » n'a donc pas la même réponse pour tous les investisseurs. Elle dépend de l'horizon de placement, du niveau de risque accepté, de la qualité des actifs détenus et de la situation financière de chaque entreprise.

La tentation de vendre est forte à chaque secousse budgétaire ou politique. Les profits des sociétés tiennent mais il faudra surveiller de près la saison des publications du troisième trimestre.


Une chose reste néanmoins essentielle : les marchés fonctionnent par cycles et les périodes de volatilité en font partie. Conserver une vision long terme, surveiller les fondamentaux, les résultats des sociétés et éviter les décisions prises sous le coup de l'émotion permettent de mieux traverser ces phases de marché, sans chercher à prédire avec précision le prochain mouvement des cours.


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