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Marchés 2025 : une rotation sectorielle qui redessine progressivement les opportunités

  • Photo du rédacteur: Alban Stievenart
    Alban Stievenart
  • 18 déc. 2025
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 déc. 2025

Alban Stievenart, Conseiller en investissements et gestionnaire de fortune
Alban Stievenart, Conseiller en investissements et gestionnaire de fortune

Les mouvements récents sur les marchés laissent entrevoir une

évolution plus diffuse qu’un simple changement d’humeur des

investisseurs. Plusieurs signaux convergents suggèrent qu’une

rotation sectorielle est en train de se mettre en place, non pas de

manière spectaculaire, mais par ajustements successifs. Dans un

contexte où les grandes capitalisations technologiques ont

longtemps concentré l’essentiel de la performance, cette

évolution ouvre la voie à un environnement potentiellement plus

diversifié.


Le secteur du luxe illustre bien cette transition. Porté par un

regain de dynamisme en Chine, il devrait enregistrer en 2025

une croissance mondiale autour de +4 %, selon les dernières

estimations. Le mouvement reste progressif, mais il marque

une forme de stabilisation après une période plus hésitante.

La même logique s’observe du côté de l’énergie, où la

stabilisation du Brent dans une zone comprise entre 60 et 75 USD

offre un cadre plus lisible que ces dernières années. Ce point

d’équilibre ne dissipe pas toutes les incertitudes, notamment

liées à la transition énergétique, mais il permet d’appréhender ce

segment avec davantage de cohérence.


Le thème de la défense, soutenu par des budgets militaires en

hausse dans de nombreuses économies, s’impose également

comme une tendance structurelle. Sans en faire un moteur

unique, ce secteur gagne en pertinence dans la construction de

portefeuilles équilibrés, notamment pour sa capacité à offrir une

dynamique décorrélée d’autres segments du marché.


Enfin, la performance relative des marchés internationaux hors

États-Unis, avec un indice MSCI EAFE donné en hausse Year-to-

Date au-dessus du S&P 500, traduit un début de rééquilibrage

géographique. Cette dispersion, si elle se confirme, pourrait

marquer un tournant après plusieurs années dominées par la

surperformance américaine.


Dans l’ensemble, l’environnement actuel semble rappeler que les

marchés fonctionnent par cycles et que la lecture sectorielle

retrouve progressivement sa place dans l’analyse. Non pas pour

dicter des certitudes, mais pour éclairer des tendances et offrir

des pistes d’allocation plus diversifiées et plus nuancées.


L’analyse des mouvements sectoriels récents montre qu’un

rééquilibrage discret, mais réel, semble s’installer sur les marchés

actions. Après deux années largement dominées par quelques

grandes valeurs technologiques, la performance se diffuse

progressivement vers d’autres segments, laissant entrevoir un

environnement moins concentré et potentiellement plus sain.


Plusieurs éléments contribuent à cette recomposition:

Le luxe, tout d’abord, bénéficie d’un climat légèrement plus porteur.

Les projections actuelles situent la croissance mondiale du secteur

autour de +4 % en 2025, soutenue par une reprise graduelle de la

demande en Chine. Ce mouvement reste modéré, mais il traduit une

amélioration de tendance après une période de ralentissement.


L’énergie s’inscrit dans un registre comparable. Le Brent évolue

désormais dans une zone de 60 à 75 USD, ce qui apporte davantage

de lisibilité aux entreprises du secteur. Cette stabilisation n’efface pas

les enjeux liés à la transition énergétique, mais elle réduit

l’incertitude immédiate et redonne au segment une fonction de

diversification dans les portefeuilles.


La défense, soutenue par l’augmentation des budgets militaires

dans de nombreux pays, poursuit son développement structurel.

Sans extrapoler ce mouvement, il contribue à élargir les moteurs

potentiels de performance, notamment grâce à une dynamique

souvent décorrélée des cycles de consommation traditionnelle.


Enfin, un point notable concerne la dispersion géographique : les

dernières estimations indiquent que l’indice MSCI EAFE affiche une

performance Year-to-Date supérieure à celle du S&P 500. Ce

phénomène ne suffit pas à conclure à un changement durable, mais

il illustre une forme de rééquilibrage progressif, après plusieurs

années de domination américaine.


Dans cet ensemble de signaux, ce qui ressort avant tout est la

nécessité de conserver une approche flexible et diversifiée, en

observant les évolutions sectorielles avec prudence. La configuration

actuelle semble moins dépendante d’un seul moteur de marché, ce

qui ouvre la voie à des allocations plus équilibrées et potentiellement

mieux adaptées aux différentes phases du cycle.


Si la recomposition des marchés semble se confirmer, toutes les

dynamiques sectorielles ne se valent pas. Certaines affichent un

momentum plus clair, d’autres requièrent davantage de prudence.

L’enjeu n’est pas de « prévoir » les gagnants, mais de comprendre

comment ces signaux peuvent contribuer à construire des

portefeuilles mieux équilibrés.


Luxe : un redressement en douceur

La perspective d’une croissance mondiale estimée à +4 % en 2025

dans l’industrie du luxe illustre l’amélioration progressive d’un

secteur qui avait souffert du ralentissement de la demande chinoise.

Ce mouvement demeure fragile : les comportements de

consommation évoluent, les conditions économiques en Chine

restent variables et l’environnement géopolitique peut rapidement

influencer les flux de touristes internationaux.


Toutefois, pour une allocation diversifiée, le luxe conserve un profil

attractif à long terme, porté par son positionnement haut de

gamme, ses marges élevées et une clientèle mondialisée.

Énergie : une visibilité accrue mais une allocation mesurée

La stabilisation du Brent entre 60 et 75 USD offre un cadre plus

cohérent qu’au cours des phases de volatilité intense observées en

2022–2023.


Cette normalisation redonne de la visibilité aux acteurs du secteur,

mais ne doit pas occulter les défis liés à la transition énergétique, aux

pressions réglementaires et aux cycles de demande.


Dans cette perspective, l’énergie peut constituer une poche utile

dans un portefeuille, essentiellement pour sa capacité à amortir

certaines phases de marché et à diversifier les sources de

performance.


Défense : une tendance structurelle à considérer sur le long

terme

La hausse globale des budgets militaires, observée dans la plupart

des économies développées, constitue un mouvement durable. Elle

reflète un contexte géopolitique plus tendu, mais aussi des besoins

de modernisation des équipements, de cybersécurité et de

technologies duales.

Les valeurs exposées à la défense bénéficient souvent d’une

corrélation faible avec les cycles traditionnels de consommation, ce

qui peut renforcer la stabilité d’un portefeuille.

Il s’agit néanmoins d’un segment sensible, qui doit être intégré avec

équilibre, sans excès, en tenant compte des facteurs éthiques et

réglementaires propres à chaque investisseur.


Technologie : un moteur toujours présent mais plus sélectif

Après plusieurs années de domination des grandes capitalisations

technologiques, la dispersion interne au secteur s’accentue. Les

entreprises capables de démontrer une croissance rentable, des

cash-flows solides et une application concrète des technologies d’IA

semblent mieux positionnées pour traverser cette phase de

normalisation.


La technologie reste un pilier pour de nombreux portefeuilles, mais

dans un cadre différent : moins fondé sur la seule expansion des

multiples, davantage sur la sélection minutieuse des modèles

économiques pérennes.


Santé et pharma : un redémarrage progressif

Longtemps en retrait, les valeurs de santé montrent un regain

d’intérêt, soutenu par des avancées thérapeutiques, des besoins

croissants liés au vieillissement démographique et un retour des flux

vers des secteurs perçus comme plus défensifs.

La visibilité du secteur demeure toutefois variable d’une sous-

branche à l’autre : les biotechs restent volatiles, tandis que la pharma

traditionnelle offre un profil plus stable.


Small caps européennes : un potentiel de rattrapage

La surperformance récente de l’indice MSCI EAFE par rapport au S&P

500 attire l’attention sur les marchés développés hors États-Unis.

Dans ce contexte, les small caps européennes pourraient bénéficier

d’un effet de rattrapage, après plusieurs années de sous-

performance. Leur sensibilité aux cycles économiques implique une

volatilité plus forte, mais aussi une capacité de rebond souvent

significative lorsque les conditions s'améliorent.

Pour autant, la sélection demeure essentielle : les small caps ne

réagissent pas de manière homogène et les bilans financiers doivent

être examinés avec rigueur.


Quelle lecture pour la construction de

portefeuilles ?

La période actuelle semble rappeler un principe fondamental : Pour Alban Stievenart qui a créé sa structure de conseil en investissements et de multi Family Office la

diversification reste plus que jamais l’outil le plus robuste face à

l’incertitude.

La rotation sectorielle en cours ne se traduit pas par un déplacement massif vers un seul segment, mais plutôt par une multiplicité de signaux, chacun porteur d’une information différente sur l’état de l’économie mondiale.


Un portefeuille équilibré pourrait ainsi s’articuler autour de plusieurs

axes :

● Une base de croissance raisonnable : technologie

sélectionnée, luxe en reprise progressive.

● Des compléments cycliques : énergie avec exposition

modérée, certaines industries, une part mesurée de small caps.

● Des piliers structurels : santé pour la stabilité, défense pour la

décorrélation.

● Une ouverture géographique accrue : un poids plus important

pour l’Europe, le Japon ou certains marchés développés hors

États-Unis, en cohérence avec la dispersion observée.


Cette approche n’a pas vocation à prédire le marché, mais à offrir des

points d’appui diversifiés pour s’adapter à différents scénarios, qu’ils

soient favorables ou non.

Vers un marché plus équilibré

Si la configuration actuelle ne garantit rien — aucune phase de

marché ne le permet — elle suggère néanmoins un mouvement

intéressant : la performance cesse d’être captée par un seul

secteur.

Cette réouverture des moteurs de croissance crée un

environnement où l’approche sectorielle, longtemps reléguée au

second plan, retrouve pleinement sa pertinence selon Alban Stievenart.


L’enjeu n’est pas d’anticiper un gagnant unique, mais de

comprendre comment chaque secteur contribue, à sa manière, à la

construction d’un portefeuille cohérent.


C’est dans cette logique d’observation, de diversification réfléchie et

d’ajustements réguliers que semble se situer aujourd’hui le terrain le

plus solide pour les investisseurs.

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